La station de métro Malbeek où a eu lieu le deuxième attentat, causant au moins vingt victimes.
La station de métro Maelbeek où a eu lieu le deuxième attentat, causant au moins vingt victimes. Photo Isaac Bordas.

Daech a encore frappé au cœur de l’Europe. Ce matin, deux attentats successifs à Bruxelles ont eu lieu à l’aéroport international de Zaventem et à la station de métro Maelbeek, faisant au moins 34 victimes et plus de 200 blessés.

Par David Marquet

Ce matin, un peu avant 8h00, une explosion retentit dans le terminal de l’aéroport international belge de Zaventem, suivi quelques secondes plus tard d’une deuxième. Le Monde rapporte que les vitres du hall des départs sont soufflées par la détonation qui fait s’effondrer les plafonds. Pris de panique, les voyageurs se ruent à l’extérieur, filmée par le téléphone portable d’un témoin, qui le poste sur Twitter :

 

 

 

Une heure après à peine, une autre détonation secoue le wagon d’une rame de métro à la station Maelbeek, dans l’est de Bruxelles, indique Le Parisien. Les scènes de panique se succèdent, des corps inertes gisent sur le sol, et les rescapés descendent de la rame au milieu des cris de terreur :

 

 

À ce stade, on ne recense que des blessés légers. L’aéroport est évacué, puis fermé. Le trafic des trains s’y dirigeant est interrompu, et les transports transnationaux en partance pour la Belgique, comme l’Eurostar ou les Thalys rebroussent chemin ou restent à quai. Les premiers témoins racontent l’horreur au quotidien national Le Soir. Le premier ministre belge, Charles Michel, convoque un conseil de sécurité, qui mènera à la mise en place du
« plan catastrophe », selon la même source.

Un premier bilan fait état de 21 victimes. La classe politique française réagit très vite, adressant ses messages de soutien au peuple belge, via les réseaux sociaux ou les chaînes d’infos en continu, qui consacrent une édition spéciale à la tragédie. Anne Hidalgo, maire de Paris, est l’une des premières à réagir sur Twitter, après l’attentat à l’aéroport. Même si l’on ne parle pas encore alors  de terrorisme, la menace est présente dans toutes les têtes.

Selon Le Parisien, La RTBF révèle que trois charges explosives ont été découvertes à Zaventem, deux seulement ayant été utilisées. Immédiatement après, selon la même source, le gouvernement belge évoque pour la première fois officiellement la piste d’attentats. Les photos montrant l’horreur pleuvent sur Internet, et les lignes d’urgence mises en place sont très vites saturées. Les députés européens sont tenus de rester à l’intérieur du Parlement Bruxelles, par mesure de sécurité. Les avions de ligne à destination de la capitale belge sont redirigés vers la France ou leurs vols annulés. Malgré les demandes répétées des internautes, le safety check de Facebook ne se déclenche qu’après 11h00, soit plus de trois heures après la première déflagration, d’après Rue89.

En France, le ministre de l’Intérieur français, Bernard Cazeneuve annonce que 1600 policiers supplémentaires sont déployés sur le territoire  sur RTL, et les contrôles renforcés aux frontières.  Le Premier ministre belge, Charles Michel, prend rapidement des mesures similaires et déclare « Nous redoutions un attentat, et c’est arrivé », ajoutant que ce sont des attentats « aveugles, violents et lâches », . relève Le Figaro. Son homologue français, Manuel Valls, reprend au mot près son discours des attentats de Paris  : « Nous sommes en guerre ».

Comme en novembre, les mêmes scènes de guerre sont décrites par ceux qui ont survécu. François Hollande affirme que c’est « toute l’Europe qui est frappée » à travers ces attaques coordonnées, précise Le Point. Le gouvernement belge décrète trois jours de deuil national.

Le nombre des victimes augmente à mesure que les services de secours progressent au milieu des décombres. Il s’élèvera en début de soirée à 34 morts et 200 blessés, d’après L’Obs. Vers le milieu de l’après-midi, l’État islamique revendique les attentats, perpétrés en réponse aux frappes de la coalition internationale en Syrie. Les photos de vidéo-surveillance de trois suspects, prises à l’aéroport, sont dévoilées. D’après Le Soir, un autre engin explosif et un drapeau de Daech sont découverts lors de perquisitions dans le quartier de Schaerbeek. Deux des terroristes identifiés sont confirmés morts, mais le troisième homme est toujours en fuite et fait l’objet d’un avis de recherche.

Place de la Bourse, les Bruxellois se rassemblent pour se recueillir après la tragédie. Si les autorités précisent qu’il n’y a pas de lien à à ce stade avec les attentats du 13 novembre, les parisiens affluent place de l’Hôtel de Ville, pour montrer leur compassion à leurs voisins d’outre-Quiévrain. Ce soir, la tour Eiffel s’illumine des couleurs du drapeau belge, en solidarité avec les victimes.

 

 

Note : Le lendemain mercredi 23 mars, le bilan sera ramené  à 31 victimes et 230 blessés, et deux des terroristes identifiés comme les frères El Bakraoui.

Note 2 : Hélas, le nombre de victimes a été revu à la hausse ce lundi 28 mars, faisant état de 35 victimes, selon L’Express.